Tous ensemble pour construire un monde juste et solidaire ! Contre-sommet africain au G8 - 4ieme �dition
 

Quelle implication Citoyenne des Africaines et des Africains dans la recherche de la Paix. Aujourd’hui et en particulier les tchadiennes et les tchadiens ?

Introduction.

La question qui nous est posée, est essentielle, car en démocratie, le citoyen est détenteur d’une partie de la souveraineté politique. C’est l’ensemble des citoyens qui par l’élection choisissent les gouvernants. La communauté des citoyens forme la nation. En outre, c’est l’égalité de droit fondé sur la citoyenneté qui fonde le lien social. Dans la société démocratique moderne, les citoyens d’une même nation forment la communauté politique. La question posée, concerne la participation effective des citoyens que nous sommes à la gestion des affaires de la cité ; Au cœur de la réflexion sur la citoyenneté, se cache le débat sur la liberté de chacun : qui est libre d’exister et d’agir. La question centrale qui se pose aujourd’hui à nos peuples, c’est-à-dire à nous mêmes est celle de notre participation effective dans la conduite des affaires citoyennes de chacun de nos pays.

A travers des exemples qui seront donnés dans cet exposé, nous allons commencer par donner quelques définitions des termes qui feront l’objet de notre débat. Nous aborderons les crises majeures qu’a connues notre pays le Tchad avec leurs causes et leurs conséquences sur la vie de la communauté nationale. Dans une troisième partie, nous donnerons les exemples de la participation citoyenne à travers notre planète et enfin nous dégagerons quelques pistes d’actions citoyennes possibles à engager dans cette voie de la recherche de la paix dans notre pays.

I- Quelques définitions.

La crise.

Elle est définie comme une situation aiguë, difficile à gérer ayant des conséquences multiples.
La citoyenneté. Concept riche mais complexe. Elle appartient au champ politique et juridique. Aujourd’hui la démocratie représentative ne suffit plus. On constate dans la plupart des pays, au sud comme au nord, un besoin accru de démocratie participative, de débat public, d’implication du citoyen dans les décisions prises.
La paix. Du latin pax, la paix désigne habituellement un état de calme ou de tranquillité, comme une absence de perturbation, d’agitation ou de conflit. Elle est considérée universellement comme un idéal.
Au plan collectif, la paix désigne ainsi l’absence de violence ou de guerre entre groupes humains (raison d’être de la SDN ou de ONU)
Au plan individuel, la paix désigne également un état d’esprit personnel, exempt de colère, de crainte et plus généralement de sentiments négatifs. Elle est donc souhaitée pour soi-même et éventuellement pour les autres, au point de devenir une salutation (la paix soit sur toi) ou le but de la vie.

II- Les crises majeures vécues par les tchadiens.

De 1963 à 2006, le Tchad a connu onze crises majeures, c’est-à-dire une en moyenne tous les trois ans et demi.
Les Crises successives que le Tchad a connu en -1963 ; 1965 ; 1975 ; 1979 ;1980 ;1982 ; 1990 ; 1993 ; 2002 ; 2005 et 2006 ont de multiples causes, mais la cause principale demeure la conquête du pouvoir en dehors de normes démocratiques. Si les crises de 1963 et 1965 avaient pour base commune la lutte pour la garantie des libertés et de la démocratie, les autres conflits visent l’appropriation du pouvoir d’état par des mesures antidémocratiques, même si dans certaine condition la démocratie nominale sert de paravent.

Les conséquences de ces crises tchadiennes sur le tissu social, politique et économique sont énormes. Nous retiendrons la dislocation de la morale et de l’unité nationale, la perte des valeurs démocratiques ; la recherche du gain facile ; le manque d’effort au travail pour la réussite ; la corruption généralisée etc.
Ce qui est frappant, tout le long de ces crises, c’est qu’on a noté, à aucun moment une véritable participation citoyenne.

III- Quelques exemples d’engagements citoyens

Le citoyen tchadien n’est pas différent des autres citoyens du monde. Il doit pouvoir exercer ses droits et devoirs comme tous.

* L’Ukraine.
La République d’Ukraine est une démocratie parlementaire où les pouvoirs présidentiels sont étendus (quoique réduit récemment au profit du parlement). Le Président de la république est élu au suffrage universel direct pour un mandat de cinq ans, renouvelable une fois. Il nomme le Premier Ministre avec l’accord de la Verkhovna Rada (parlement). Le parlement est élu au suffrage universel direct pour un mandat de 4 ans.
Alors que la Présidence était assurée par Leonid Koutchma, un ancien apparatchik du Parti communiste, considéré comme corrompu et lié aux groupes mafieux, la dernière élection Présidentielle a eu lieu le 31 octobre pour le premier tour et le 21 novembre 2004 pour le second tour. Suite à une fraude massive et à la pression populaire de la Révolution Orange ; la cour suprême a annulé le résultat du second tour qui donnait vainqueur l’ancien Premier Ministre Viktor Ianoukovitch sur Viktor Iouchtchenko. Finalement grâce à l’implication citoyenne Viktor Iouchtchenko l’a emporté. Il a prêté serment en janvier 2005.
Ici l’engagement citoyen a eu raison du Dictateur.

* La Thaïlande
La Thaïlande est une monarchie constitutionnelle. En 2006, le Premier Ministre Thaksin décide d’organiser des élections législatives anticipées pour continuer de se maintenir au Pouvoir. Le scrutin avait été totalement boycotté par l’opposition, mais le Parti de M Taksin avait remporté les élections. Le Premier Ministre fut alors la cible des manifestations quotidiennes durant tous les mois de février à mars 2006. La cour constitutionnelle et la cour suprême administrative avaient été saisies et face à l’ampleur des manifestations ont été obligés d’annuler les élections et appeler à des nouvelles élections. Une fois de plus, l’implication citoyenne a eu raison de la dictature.

* La France.
Plus prêt de nous, le Contrat premier embauche ou CPE a déclenché des manifestations périodiques de la jeunesse et des syndicats. Conséquence : le Gouvernement Vilpin a trouvé avec les Parlementaires UMP une nouvelle loi pour sortir de la crise en abandonnant le CEP. Là encore, l’implication citoyenne a eu raison de l’arbitraire.

* Le Kenya
Le Président décide la modification de la Constitution pour se donner plus de pouvoir. L’opposition cri au hold up constitutionnel. Elle se mobilise et gagne le référendum. Ce projet de modification est désavoué par le peuple. L’engagement citoyen a triomphé contre les lois scélérates.

IV- Les différentes actions citoyennes possibles.
Il ne peut y avoir de démocratie sans l’implication du citoyen, c’est-à-dire sans citoyen actif. Le citoyen doit s’impliquer dans la vie politique de son pays et d’y participer.

La dimension citoyenne est multiple : civile, politique, sociale. Ce droit citoyen est inséparable des droits d’organisation, de manifestations et de grève. Des actions diverses peuvent s’exercer pour avoir accès à la parole, car la construction de la paix chez nous au Tchad exige l’engagement de chacun et de tous
Les grèves corporatives ; les sit-in ; les pétitions ; les marches ; les barricades ; les immolations par le feu ; les graffitis etc. participent à cette expression d’engagement citoyen.
Pour obtenir des avancées démocratiques dans notre pays, il nous faut une forte mobilisation citoyenne.

Conclusion.

Dans notre pays le Tchad comme dans le reste de l’Afrique où la crise de citoyenneté a atteint un niveau très dangereux dont l’élément indicateur principal est le déficit démocratique, affirmer que la citoyenneté est fondée sur l’égalité qui tisse le lien social dans la société démocratique moderne n’est pas de trop. La démocratie, c’est d’abord un idéal, c’est à dire des valeurs mobilisatrices ; c’est ensuite un ensemble articulé de normes politico juridiques, c’est à dire de droits et de devoirs qui se légitiment les uns les autres et sont garantis par le pouvoir politique, sachant que celui-ci s’exerce encore pour l’essentiel dans le cadre de l’Etat-nation ; c’est enfin un certain nombre de pratiques effectives des citoyens pour participer activement à l’animation de la vie collective dans la Cité. Valeurs, normes et conduites sociales effectives : voilà bien les éléments d’une culture au sens sociologique du terme, qui n’a rien de "naturel", qui est au contraire variable selon les lieux et les époques, et apparaît donc comme un "construit" historique qui devra en conséquence être acquis et transmis pour survivre et se développer. Notre devoir de citoyen Tchad et la pratique et la transmission de cet idéal à travers l’éducation et la formation civique de nos concitoyens. Pour joindre l’acte à la parole, face la crise sociopolitique que travers notre pays, il me paraît opportun d’adresser une pétition au Président de la République pour que soit organisé dans un bref délai un dialogue entre tous les acteurs socio-politiques pour la recherche de la paix.

Bibliographie.
Agence France Presse 2006 .
Felix Gentili...Inspecteur, Professeur de l’IUFM de Lyon. 2005.
Wikipedia, l’encyclopédie libre.
Charel A. Université Pierre Mendes France, Grenoble, 2005
Flacher B. Lycée Jean Monnet, Montpellier 2005..

 
Forum des Peuples 2006 - Gao, Mali.
Coalitions des Alternatives Dette et Développement (CAD-Mali)

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