Tous ensemble pour construire un monde juste et solidaire ! Contre-sommet africain au G8 - 4ieme �dition
 

Discours de la Présidente la CAD-Mali à l’ouverture de la 5ème édition du Forum des Peuples, Gao 2006

Messieurs les autorités traditionnelles de la ville de Gao,
Mesdames et Messieurs les autorités municipales de la ville de Gao,
Monsieur le Président de l’Assemblée Régionale de Gao
Monsieur le Préfet de Gao représentant Gouverneur de la région de Gao,
Mesdames, messieurs militantes et militants,
Mesdames, messieurs,
Chers invités, (es)

Le Forum des Peuples nous réunis pour la 5ème fois et cette année ce sont les régions du Nord qui accueillent à travers la ville de Gao.

Au nom de la Coalition de Alternatives Africaines Dette et Développement et de tous les militantes et militants ici présent je tiens à remercier tous ceux qui se sont impliquer pour la réalisation de cette édition du Forum des Peuples à Gao.

Nos remerciements vont à nos camarades venus des pays Africains (Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Bénin, Niger, Maroc, Guinée Conakry) et Européens et Américains (France , Ecosse, Belgique, Canada) qui depuis la première édition en 2002 continuent à nous soutenir dans notre lutte pour une justice sociale et économique .

Mesdames, Messieurs,
Le Forum des Peuples est une activité qui vise principalement à « contribuer au renforcement du contre pouvoir citoyen, à la construction des alternatives des peuples africains et celle d’un véritable partenariat entre les gouvernements africains et leurs peuples » C’est un espace d’expression et d’interpellation démocratique pour tous les citoyens et aussi une riposte aux politiques néolibérales imposées par le G8.

Cette 5ème édition du Forum des Peuples sera en deux axes : un premier qui sera essentiellement consacrée à l’évaluation des différentes éditions du Forum des Peuples de Siby à Fana : les résultats positifs sont nombreux : l’accroissement du nombre d’organisations participantes de 600 à Siby en 2002, nous étions plus de 1500 à Fana en 2005 ; le nombre de pays représentés en 2002 (7) a augmenté de 15 pays en 2005 ; des alliances entre organisations ont été créées et les contenus des débats qui sont diffusés de plus en plus largement dans le monde avec entre autre un site du Forum des Peuples (www.forumdespeuples.org). Il faut également noter, une avancée considérable dans la conscientisation des populations qui sont plus informées des enjeux de leurs pays et qu’elles sont en capacité de défendre leurs positions face aux décideurs nationaux et locaux. Tel fut le cas des communautés de Sikasso, qui lorsque les autorités régionales ont voulu introduire la culture du coton transgénique, s’y sont opposées car elles avaient eu l’information et participé à des échanges sur cette question lors des éditions du forum des peuples 2004 et 2005.

Le deuxième portera sur l’état des lieux et la création des synergies sur les thématiques : endettement ; initiatives d’allègement de dette ; services sociaux de base (eau, électricité, santé, éducation, ...) et droits humains ; accords de partenariat économique UE/ACP ; immigration ; souveraineté alimentaire ; conflits sociaux, paix et développement...

Mais des questionnements se posent à nous, sur lesquels nous souhaitons travailler lors de l’évaluation à Gao :
Comment concilier l’approche éducation populaire et la construction d’une expertise scientifique sur laquelle nous pourrons nous appuyer pour faire contre poids aux études des Etats et institutions internationales ?
Comment assurer la pérennité financière de ce type de forum sachant que les participants ne cessent de croître mais pas les ressources financières ?
Comment accompagner les alliances et les actions communes initiées lors des forums ?
Comment suivre les recommandations faites lors des forums ?

Si nous faisons l’état des lieux des thématiques :

  • La dette et CSLP : Neuf mois après l’annonce tonitruante des huit pays les plus industrialisés (G8) à Londres, la Banque mondiale vient seulement de dévoiler les modalités de l’annulation des créances qu’elle détient envers 17 pays pauvres et très endettés (PPTE). L’accord, qualifié d’ « historique » par le président de la Banque mondiale, Paul Wolfowitz, concerne 13 pays d’Afrique et 4 d’Amérique latine. Au 1er juillet 2006, la dette de ces 17 pays envers la Banque mondiale devrait être annulée. La Banque mondiale avance le chiffre total de 37 milliards de dollars US répartis sur 40 ans.

Mais contrairement aux proclamations de la Banque Mondiale, il n’y a là rien de nouveau. Cette décision se contente de concrétiser tardivement la décision prise par le G8 l’année passée. De plus, au cours des dix dernières années, la Banque Mondiale n’a dépensé que 2,6 milliards de dollars pour réduire la dette de ces 17 pays alors qu’elle possède plus de 38 milliards de dollars de capitaux propres. Elle est donc très loin d’avoir fait un effort financier significatif, ce qui ne l’empêche pas de proclamer année après année une générosité infondée et usurpée.

Pourquoi continuer à faire confiance à ceux qui ont déjà échoué et qui veulent renouveler les mêmes erreurs ?

L’ accès au services sociaux de base demeure une de nos préoccupations .Nos échanges porteront sur le bilan de la privatisation de l’ EDM , sa reprise par l’Etat, la situation de l’école malienne qui ploie sous le diktat des pays riches le G8 et de leurs filiales le FMI et la BM

L’ UE et les Etats ACP ont convenu que « des accords de partenariat économique (APE) qui sont en cours de négociation et se terminera le 31 décembre 2007 au plus tard. Ces APE présentent de nombreux enjeux et défis sur les économies des pays ACP au nombre des quels on peut retenir :
- comment gérer les pertes de recettes fiscales attendues dans certains pays ACP ;
- comment les reformes structurelles de la mise en œuvre des APE ne bouleverseront pas la vie des communautés ?
- comment faire face à la concurrence accrue devant découler des échanges réciproques ?
- comment déterminer les avantages nets issus des APE, particulièrement dans les pays les moins avancés (PMA) qui bénéficient déjà des dispositions « tout sauf les armes » non réciproques ?
- comment faire face à une capacité de négociation limitée, puisque les négociations APE grèveront les ressources déjà limitées dont disposent les pays ACP ?
- comment garantir la cohérence entre les négociations sur les APE et celle du programme de travail de Doha ?
- comment améliorer l’accès aux marchés pour les produits agricoles et non agricoles qui continuent de causer des difficultés dans les négociations commerciales multilatérales ?

  • En matière d’immigration l’Europe se ferme et impose aux pays de l’Afrique sub-saharienne l’ouverture de leur marché. En terme clair les capitaux doivent circuler , mais pas les êtres humains violant ainsi toutes les conventions internationales. Les négociations déséquilibrés, ont aggravé leur situation de surendettement et de pauvreté dans nos pays .

Un nombre important de ces jeunes, face à leur situation d’insécurité sociale, économique et de désespoir, et face aux accords de partenariats qui ne tiennent pas compte de l’être humain, optent pour la solution alternative : l’immigration internationale. Ainsi plusieurs d’entre eux empruntent les chemins dangereux du Sahara et les enclaves espagnoles de Ceuta et de Melilla entre autres.

L’Afrique détient le triste record du nombre de guerres et de conflits dans le monde. Ceux-ci engendrent des millions de morts, de blessés, de déplacés ainsi que des catastrophes environnementales. Le pillage des ressources par les multinationales et les marchands d’armes, qui ont pignon sur rue dans les pays occidentaux, s’effectue avec la complicité des cleptocraties locales et des pays environnants. Il apparaît comme l’une des principales raisons du déclenchement et de la perpétuation des conflits. Nous ne pouvons nous développer que dans la paix. Les conflits sociaux /armés constituent un des obstacles majeurs au développement de l’Afrique.

  • En matière de lutte contre la faim nous refusons de devenir la poubelle du monde.

Nous demandons des règles internationales justes en faveur d’un commerce équitable.

Nous pensons que « le droit de maintenir, de protéger et de développer notre capacité alimentaire, en respectant la diversité de nos produits et de nos cultures, et sans nuire à la souveraineté alimentaire des autres pays » devrait être reconnu par la communauté internationale.

C’est ce droit, pour chaque pays ou union de pays, que nous appelons le droit de souveraineté alimentaire.

Tous ensemble pour construire un monde juste et solidaire ! Un autre monde est possible.

Mme Barry Aminata Touré
Présidente de la CAD-Mali

 
Forum des Peuples 2006 - Gao, Mali.
Coalitions des Alternatives Dette et Développement (CAD-Mali)

Contact : contact ATr forumdespeuples.org