Tous ensemble pour construire un monde juste et solidaire ! Contre-sommet africain au G8 - 4ieme �dition
 

Accès aux services sociaux de base : eau, électricité, santé et éducation, droit des populations et devoir de l’Etat.

Quand même n’aurait-on besoin les uns des autres, n’aurait-on pas moins de vivre ensemble. Notre principale fin commune c’est trouver le moyen de vivre mieux. Et bien vivre ensemble suppose d’une part un bon partage des vertus humaines entre les membres de la société quelle que ce soit l’échelle de la communauté, le bénéfice des services sociaux de base comme l’eau, l’électricité, la santé et l’éducation.

Le propos est sur le point du débat de l’atelier relatif à l’éducation

L’humanité civilisée considère l’éducation comme le moyen le plus sûr de former toute personne, et que cette formation est une des garanties des droits humains, du bien être collectif et individuel.
Et les Etats gardent la main sur la politique, le cadre juridique et institutionnel de l’éducation.
L’éducation est donc et certainement un droit des peuples.
Ainsi la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, la Convention relative aux Droits de l’Enfant du 20 novembre 1989, les Chartes relatives aux droits de l’homme et des peuples, les Constitutions des Etats, les Codes du Travail dans les différents Pays, les Codes de protection de l’enfant dans les différents Pays, les Objectifs de développement pour le millénaire etc. affirment que toute personne à droit l’éducation.

Cependant, de plus en plus les gouvernements considèrent les politiques d’éducation comme partie intégrante des stratégies visant à développer l’économie et à promouvoir des possibilités d’emplois adaptés à une économie mondiale. D’où l’orientation de l’éducation et de la formation vers l’emploi à partir des réformes des cadres institutionnel et législatif de l’éducation. Or l’éducation doit servir ; elle ne saurait avoir comme finalité la production du capital humain, la marchandise humaine.
Aussi observe-t-on que l’éducation est devenue une entreprise commerciale parce qu’elle est une nécessité.

Face à ces politiques éducatives capitalistes, il est important de revendiquer le droit des populations à l’éducation et d’exiger des pouvoirs publics, l’offre de la formation à tous.

1. L’éducation au sens large :

Elle est l’ensemble des moyens permettant :

  • le plein épanouissement de la personnalité humaine et le renforcement du respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales,
  • l’acquisition des connaissances scientifiques et techniques, des valeurs positives de civilisation ( d’équité, de tolérance, de participation, de justice et de paix, etc.),
  • la promotion et la protection de la morale et des valeurs traditionnelles reconnues,
  • de minimiser les risques d’inadaptation de qualification du travailleur à l’évolution des techniques et des structures des entreprises,
  • la promotion du travailleur.
  • la culture de l’éthique indispensable.

Partant, nul ne peut atteindre la majorité matière d’éducation et de formation dont les charges ne peuvent pas être individuellement supporter.
L’éducation est un droit qui se détermine spécifiquement en fonction des nécessités contextuelles.
Les enfants et les jeunes sont innocents, vulnérables, dépendants : ils ont un besoin d’intégration sociale qui ne s’opère efficacement que par éducation.
Les adultes aussi, pour se maintenir dans le système social, améliorer leurs compétences sont dans permanent d’éducation.
Aucune personne ignorante ne peut s’épanouir pleinement dans une société.

2. L’éducation est l’une des missions des Etats :

Les responsabilités sont situées sans équivoque par le code éducatif. Elles sont surtout au niveau de l’Etat.
Ce Code éducatif pour construire et perpétuer l’humanité est un ensemble de textes dont :

1. La Déclaration Universelle des Droits de l’Homme
(du 10 décembre 1948 en son Article 26) :
Toute personne a droit l’éducation.
L’éducation doit être gratuite, au moins en ce qui concerne l’enseignement élémentaire et fondamental.
L’enseignement élémentaire est obligatoire.
L’enseignement technique et professionnel doit être généralisé ; l’accès aux études supérieures doit être ouvert en pleine égalité à tous en fonction de leur mérite.
L’éducation doit viser au plein épanouissement de la personnalité humaine et au renforcement du respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales. Elle doit favoriser la compréhension, la tolérance et l’amitié entre toutes les nations et tous les groupes raciaux ou religieux, ainsi que le développement des activités des Nations Unies pour le maintien de la paix.
Les parents ont, par priorité, le droit de choisir le genre d’éducation à donner à leurs enfants.

2. La Convention relative aux Droits de l’Enfant du 20 novembre 1989 (Article : 3, 28, 29)
Dans toues les décisions... l’intérieur supérieur de l’enfant doit être une considération primordiale...
Le droit de l’enfant à l’éducation ( accès aux connaissances scientifiques et techniques, et des valeurs sociales) le prépare à assumer dans la dignité les responsabilités de la vie dans une société.

3. La Charte africaine des droits de l’homme et des peuples

Article 17 : Toute personne a droit à l’éducation.
Toute personne peut prendre part librement à la vie culturelle de la communauté.
La promotion et la protection de la morale et des valeurs traditionnelles reconnues par la communauté constituent un devoir de l’Etat dans le cadre de la sauvegarde des droits de l’homme.

4. Exemples de codes nationaux

Constitution
République du Mali Article 17 : L’éducation, l’instruction, la formation, le travail, le logement, les loisirs, la santé, et la protection sociale constituent des droits reconnus.
Article 18 : Tout citoyen a droit à l’instruction. L’enseignement public est obligatoire, gratuit et laïc.

Code du Travail
République du Mali (Article L. 9 à Article L. 12, Décret N°96-178 /P- RM)
La formation professionnelle continue ou l’éducation permanente à pour objectif de :
Réduire les risques d’inadaptation de qualification du travailleur à l’évolution des techniques et des structures des entreprises,
Préparer le travailleur, dont l’emploi peut être menacé, à une mutation d’activité,
Favoriser la promotion du travailleur en lui permettant d’acquérir une qualification plus élevée.

Code de protection de l’enfant
République du Mali, Ordonnance N° 02- 62 / P - RM du 05 juin 2002.
Pour garantir la préparation des générations futures, des finalités de la protection de l’enfant visent :
« élever l’enfant dans le sens de l’identité nationale et de la citoyenneté, de la fidélité et de la loyauté au Mali, terre, histoire et acquis, ainsi que dans le sentiment d’appartenance à un ensemble de valeurs positives de civilisation au niveau national, sous-régional, régional et mondial. En somme ... préparer l’enfant à une vie libre et responsable dans une société civile solidaire, fondée sur l’indissolubilité de la conscience des droits et des devoirs au sein de laquelle prévalent les valeurs d’équité, de tolérance, de participation, de justice et de paix. (Article 1er, paragraphe b et c).

Tout enfant a le droit à une fréquentation scolaire d’une durée minimale de neuf ans. L’application de ce droit, devra se faire en vertu de la loi d’orientation sur l’éducation et ses textes subséquents... » (article 20, paragraphe a).

Code de politique éducative
République du Mali, Loi N°99-046 du 28 décembre 1999, portant loi d’orientation sur l’éducation
Article 11 : le système éducatif malien a pour finalité de former un citoyen patriote et bâtisseur d’une société démocratique, un acteur du développement profondément ancré dans sa culture et ouvert à la civilisation universelle, maîtrisant les savoir-faire populaires et apte à intégrer les connaissances et compétences liées aux progrès scientifiques, techniques t à la technologie moderne.

Article 26 : Le droit à l’éducation crée une obligation pour les parents d’inscrire leurs enfants à l’école et de les y maintenir jusqu’au terme de l’enseignement fondamental.
Article 57 : l’établissement scolaire et universitaire est un espace qui offre aux élèves et étudiants les services éducatifs prévus par la loi.

3. L’éducation : un droit des peuples, un devoir des Etats.

Le droit international est un engagement souverain de tous les Pays.

Comme le Mali, chaque Pays a donné effet aux codes éducatifs internationaux dans sa législation nationale.
Certainement, ici et là les dispositions n’ont pas les mêmes qualités.
Mais l’Etat a le devoir d’éducation de son peuple (enfants et adultes).
Il ne peut en être autrement si l’on veut justement assurer la protection sociale indispensable.
Les parents, les employeurs des travailleurs ont un rôle bien secondaire.

Tous les facteurs pouvant faire obstacle à la jouissance du droit à l’éducation sont à combattre.
Le désengagement des Pays de l’éducation n’est qu’une démission inconcevable.

Les peuples, à l’unisson, peuvent bien contraindre les Etats à assumer leur devoir d’éducation pour tous.

4. la crise de l’offre éducative

Au Mali le phénomène est imputable au transfert de compétences de l’Etat aux collectivités en matière d’éducation et à la livraison du secteur aux entrepreneurs privés.
Le désengagement des Pays de l’éducation n’est qu’une démission inconcevable.
Car de ce fait tout le monde n’a pas accès à l’éducation nécessaire.
Le cas du Mali décrit la réalité nuancée d’un pays à un autre.
Tous les facteurs pouvant faire obstacle à la jouissance du droit à l’éducation sont à combattre.
Les peuples, à l’unisson, peuvent bien contraindre les Etats à assumer leur devoir d’éducation pour tous.

JEAN SAMAKE
Tél. :(223) 6 33 16 25
E-mail :samake GPo solicomm.net
BAMAKO - Mali

 
Forum des Peuples 2006 - Gao, Mali.
Coalitions des Alternatives Dette et Développement (CAD-Mali)

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