Tous ensemble pour construire un monde juste et solidaire ! Contre-sommet Africain au G8 - 6ieme édition 
 
Sikasso 2007

Promotion de l’Emploi

Les chantiers du gouvernement burkinabè
La capitale du Burkina Faso, Ouagadougou, abrite, en septembre prochain, le Sommet extraordinaire des chefs d’Etat et de gouvernements africains sur l’emploi et la pauvreté. L’événement qui se profile donne l’occasion d’évoquer les actions du pays hôte en matière d’emploi.
La fin de l’Etat-providence, les difficultés de tous ordres ont forgé le nid du chômage dans les pays africains. Les Etats ne sont plus en mesure de donner du travail à tous ceux qui sortent chaque année des universités, des écoles et autres centres de formation. Le secteur privé non plus. Les diplômés et, de façon générale, la jeunesse est désœuvrée. Toutefois, certains pays ont institué des politiques pour aider cette catégorie oisive malgré elle. Qu’en est-il des actions en matière d’emploi au Burkina qui s’apprête à accueillir un sommet extraordinaire des chefs d’Etat et de gouvernements africains sur l’emploi et la pauvreté ?
A défaut de donner du travail à tout le monde, l’Etat burkinabè oeuvre à soutenir les demandeurs, les promoteurs d’emploi. Les missions confiées au ministère du Travail, de l’Emploi et de la Jeunesse (MTEJ) en disent long sur cette option. Ainsi, en matière de travail et d’emploi, il revient notamment à ce ministère de promouvoir l’emploi et de lutter contre le chômage, d’assurer la formation professionnelle continue et l’apprentissage. C’est au département dirigé par Alain Ludovic Tou qu’échoit également l’organisation, la promotion et le suivi du secteur informel. Les travailleurs déflatés ne sont pas en reste. Leur réinsertion est partie intégrante des missions du MTEJ.
Pour bien exécuter ces missions, le ministère a élaboré un document cadre de stratégie de la promotion de l’emploi et de la formation professionnelle. Il contient les orientations fondamentales dans les domaines de l’emploi et de la formation professionnelle ainsi qu’une multitude d’objectifs à atteindre.
Les objectifs de la stratégie
L’élaboration et surtout la mise en oeuvre de la stratégie visent à permettre, en matière d’emploi, d’instaurer une visibilité sur le marché de l’emploi et du travail ; de créer un environnement institutionnel et juridique propice à l’emploi productif. L’accroissement de l’offre de produits financiers accessibles aux promoteurs et aux petites et moyennes entreprises (PME), la mise en oeuvre de programmes de création directe d’emplois au profit de groupes sociaux spécifiques sont également au nombre des objectifs visés.
Le marché de l’emploi est de plus en plus exigeant sur la qualité de la main d’œuvre. Pour ce faire, une formation conséquente doit être assurée à tout moment. Comme l’emploi, la formation professionnelle est inscrite sur la feuille de route du ministère à travers un certain nombre d’objectifs visés. Il s’agit de la normalisation du dispositif national de formation professionnelle et des curricula de formation, de l’accès du plus grand nombre de Burkinabè à la formation professionnelle. Un autre objectif visé en matière de formation professionnelle est la mise en place d’un dispositif de financement efficace et durable de la formation.
Pour matérialiser la stratégie, un plan d’action comportant trois principaux axes a été élaboré. Le premier axe est relatif aux mesures en faveur de la création et de la consolidation de l’emploi, le deuxième à celles en faveur de la promotion de la formation professionnelle. Le dernier axe porte sur les mesures de renforcement des capacités institutionnelles des services administratifs, des ONG et associations de développement concernés par la mise en oeuvre du plan.
Le plan d’action est l’objet de retouches, de remaniement de son contenu. Ainsi, sa révision figure parmi les actions prioritaires du ministère pour l’année 2004. Celles-ci incluent également l’élaboration d’un plan de développement de l’emploi, de la formation professionnelle, de la protection sociale et de la promotion de la jeunesse. Sans oublier l’opérationnalisation du Projet de lutte contre la pauvreté et la promotion de l’emploi par les nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC).

FEMMES ET EMPLOIS SALARIES AU BURKINA
UN CHEMIN PARSEME D’EMBUCHES

Le sous emploi et le chômage affectent une forte proportion des femmes au Burkina malgré leur forte présence dans le domaine économique. Les disparités entre hommes et femmes dans l’emploi salarié sont criantes. En plus de la lutte qu’elles ont entreprise depuis des décennies, les discours des officiels promettent de réduire ce fossé. Mais les chances restent minces.
« Les femmes feront mieux de rester auprès de leurs maris, elles n’ont pas besoin de travailler. Les hommes en tant que responsables du ménage ont la priorité en matière d’emploi… » C’est ce que pense Amidou Zoungrana que nous avons rencontré bousculant des femmes pour déposer sa demande d’emploi à l’Office National pour la Promotion de l’Emploi (ONPE). Cette opinion de Amidou bien de gens au Burkina la partage. Et « les politiques de développement et de formation semblent jusque là s’être appuyé sur ces idées parce que généralement conçues par des hommes ». Wendkouni Kientéga, titulaire d’une licence depuis 4 ans, et n’ayant pas un emploi régulier, convaincue de ce qu’elle dit, ajoute : « les femmes subissent toutes les discriminations et singulièrement au niveau de l’emploi »
Avec plus de dix millions d’habitants, le BF comptait près de cinq millions de population active, selon les statistiques de l’INSD en 2000. Au niveau de la Fonction Publique, on dénombrait 14 162 fonctionnaires. D’une manière générale, sur cinq salariés, les femmes occupent seulement une place. Au regard de ces chiffres le retard accusé par les femmes dans l’emploi salarié au BF est indiscutable. Une faible représentation qui a suscité des interrogations au niveau des différentes associations luttant pour la promotion de l’emploi féminin.
Les facteurs inhibiteurs
Avec une population agricole à 80%, l’emploi salarié pour les femmes est très récent au Burkina Faso. L’argument est corroboré par le rapport publié par l’Office National pour la Promotion de l’Emploi (ONPE) sur l’emploi féminin qui révèle qu’en 1975 les femmes salariées des secteurs publics et privés représentaient seulement 1674 personnes. Six ans après en 1981, elles étaient estimées à 3665. les quinze années qui ont suivi auront peut-être marqué le pas significatif mais le fossé reste béant. Beaucoup de facteurs dont le faible taux de scolarisation des femmes, l’analphabétisme, les préjugés et autres entraves sociales, culturelles, géographique, les mariages et les grossesses précoces expliquent cette situation. Les difficultés qu’éprouvent les femmes à accéder aux emplois du secteur structuré ont été aussi attribuées à l’inaccessibilité des nouvelles technologies pour les femmes, à la réticence des employeurs à recruter des femmes en raison de leur rôle potentiel de mère.
Y a t-il une discrimination à l’égard des femmes dans le domaine de l’emploi ? « Nous sommes signataire de la convention sur la discrimination en matière d’emploi et de profession et en tant que structure publique, nous combattons les offres qui demandent seulement des candidatures masculines ou féminines. Les chances sont égales pour tout le monde » affirme le chargé du placement de l’ONPE M. Hato Ouédraogo.

DES PERSPECTIVES

Aucun des employeurs que nous avons approchés ne se dit discriminateur même s’ils reconnaissent « qu’il y a des tâches que les femmes ne peuvent pas accomplir ; des missions qu’on ne peut pas leur confier ». La faible représentation des femmes dans le secteur de l’emploi n’est donc point le fait d’une discrimination. Il faut plutôt appuyer l’accélérateur quant à la scolarisation des filles.
Tous s’accordent, en tous les cas, sur la faible représentation des femmes dans l’emploi salarié et, la nécessité faisant loi, les énergies se mobilisent autour du problème, même quand on le dit très « complexe ». Les femmes elles-mêmes tentent de prendre le taureau par les cornes. L’atout majeur est qu’elles bénéficient du soutien des organisations internationales et des autorités gouvernementales. Il y a également qu’elles ont réellement pris conscience du rôle qu’elles ont à jouer et qu’elles tiennent à jouer. Elles sont très présentent dans les secteurs informels et agricoles où elles représentent 58,1% des effectifs qui y travaillent.
Les activités exercées par les femmes ne nécessitent pas très souvent de gros capitaux de départ. Mais une meilleure formation des femmes dans ce secteur permettrait d’élever leur technicité et leur qualification.

LUTTE CONTRE LA PAUVRETE AU BURKINA FASO
LE SURSAUT D’ORGUEIL DES FEMMES

Mère éducatrice, agricultrice, éleveur et même souvent dépositaire de la chose culturelle, la femme est productrice à tous les égards. Jadis reléguée au second plan, la participation de la femme dans la lutte contre la pauvreté est aujourd’hui incontestable.
Le rapport sur le développement humain durable du PNUD révèle que 46% des burkinabè vivent en dessous du seuil de la pauvreté et que les ménages féminins sont ceux qui en souffrent le plus. Cela sans compter avec les dures réalités d’intégration de la femme dans le processus de développement et d’épanouissement que sont l’école, la Fonction Publique, bref, le marché du travail. Fort heureusement, les femmes ont pris conscience de leur place dans la lutte contre la pauvreté. De plus en plus, elles s’informent, s’organisent pour promouvoir leur émancipation et améliorer leur contribution à la production nationale. « Les femmes burkinabè sont très actives » entend t-on dire très souvent. Une réalité qui se vérifie à travers la restauration, les ventes des produits de maraîchages, de fruits… Les activités de transformation sont également très répandues (pâte d’arachides, beurre de karité, boisson de toutes sortes, savons…). Le système productif national a fait la preuve qu’il ne saurait ignorer l’importance des femmes.
Les femmes au début et à la fin de la lutte contre la pauvreté
L’expérience de la Fédération des associations et groupement des femmes de Bérégadougou « Djen Kadi » est édifiante. Créée en 2000 « Djen Kadi » ou « l’union est d’intérêt » compte près de six cent groupements et associations adhérents.
Porte-parole légitime des préoccupations des femmes de Bérégadougou, « Djen Kadi » s’est doté depuis 2001 d’une presse à karité et d’un moulin mixte pour le broyage des amandes de karité et des graines de céréales. Son beurre se vend très bien sur le marché national et les recettes contribuent à n’en pas douter à améliorer les conditions de vie des femmes de la Fédération. Outre l’exploitation de la presse à karité et du moulin mixte, la Fédération des groupements et associations de Bérégadougou mène d’autres activités à savoir la culture et la vente de fonio et de sésame, la confection de paniers, de pots de fleurs, la production et la vente de soumbala, de fruits et légumes etc. Pour ces activités, les femmes bénéficient de petits crédits auprès d’établissements financiers. En projet, « Djen Kadi » a la création d’une unité de savonnerie, d’une unité de transformation de jus de fruits, l’installation de séchoirs, la création d’un centre de formation pour orphelins.
Le groupement d’action des femmes pour la relance économique du Houet (GAFREH) s’investit également dans l’amélioration des conditions socioéconomiques de ses membres. Le collectif de ces associations qui compte plus de cinq milles adhérents vise le renforcement des capacités des associations et groupements féminins. Il s’agit de promouvoir les petites activités génératrices de revenus et de favoriser l’insertion des femmes dans les services publics et privés. Par ailleurs, GAFREH appuie les associations dans le montage de projets et la recherche de financement ainsi qu’à l’accès au crédit. Depuis sa création en 1993, le groupement a initié et réalisé plusieurs activités notamment l’appui au crédit pour les initiatives économiques. Les femmes ont bénéficié des micro-crédits de la BACB, de CREDO et du FAARF. Elles ont également bénéficié de formation sur les techniques de fabrication de savon et du beurre de karité, sur le code des personnes et de la famille et sur les droits des femmes. GAFREH a aussi créé un centre de recyclage des sachets plastiques usagés. 42 femmes formées à cet effet, y travaillent et sont rémunérées. Il y a trois destinations pour les sachets usagés : le tricotage, le tissage et la fonte. De ce fait, le centre met à la disposition des populations des pagnes, couvertures, parasols, sacs, chapeaux, nattes, tapis, etc.
D’une manière générale, l’Etat a mis également en place des structures de financement au profit de groupes spécifiques tels que les femmes et les groupements féminins (Fonds d’Appui aux Activités Rémunératrices des Femmes), Le montant total des crédits distribués par le Fonds est estimé en septembre 1996 à un peu plus d’un milliard de francs CFA, correspondant à 4 077 prêts individuels et 1 650 prêts collectifs aux groupements féminins

JEUNES ET ENTREPRENARIAT A L’ASSAUT DU MIEUX ETRE

Le taux de scolarisation au Burkina Faso, malgré les efforts du gouvernement reste relativement faible (56%). L’éloignement des structures scolaires, le manque de moyens des parents pour assurer la scolarité de leurs enfants constituent entre autres des handicaps aux études des jeunes. Dans un tel contexte beaucoup de jeunes après leur réussite au BEPC ou au baccalauréat décident de prendre leur destin en main
Nombreux sont les jeunes qui ont décidé d’entreprendre des affaires dans plusieurs secteurs d’activités pour gagner leur vie. Mais tous s’accordent à dire qu’entreprendre au Burkina Faso relève d’un parcours de combattant. Si pour certains les affaires sont florissantes, pour d’autres le bout du tunnel est encore lointain. Mais loin de lâcher prise, ils se battent pour assurer la prospérité de leur business. Ismaël Ouédraogo a 35 ans, jeune entrepreneur, il officie dans le commerce général, le bâtiment et le froid. « Dans ce milieu, il faut avoir des relations solides pour avoir des marchés » a t-il confié. En plus, M. Ouédraogo reconnaît que certains marchés restent la chasse gardée de certaines grandes entreprises qui n’entendent pas les partager avec les autres.
Les jeunes qui se lancent dans les affaires arrivent le plus souvent sans de gros capitaux. Mais une fois le marché acquis, ils font le sacrifice pour gagner la confiance de leurs clients et garantir les prochains marchés. Cela sans ignorer les difficultés d’exécution vue que le fond de démarrage ne dépasse pas 10 à 20%. « Cette somme est insignifiante » nous précise Arouna Sawadogo, jeune entrepreneur en travaux publics et bâtiment. Pour pouvoir accomplir au mieux leurs tâches, les jeunes businessmen se tournent vers les structures bancaires qui ne sont pas toujours prompt.
La main salvatrice de l’Etat
« Heureusement que depuis un certain temps le gouvernement a mis en place des structures d’appui aux jeunes entrepreneurs » soutient Ismaël Ouédraogo. En effet, la Financière du Burkina (FIB), Burkina Bail, PRODIA, le Fond d’Appui à la Promotion de l’Entreprise (FAPE)… sont entre autres structures financières par lesquelles les jeunes peuvent passer pour obtenir un appui à leurs initiatives par un système de prêt. Les sociétés dont le chiffre d’affaire est inférieur à quinze (15) millions sont régies par Kadiogo III et un impôt de 200 000 FCFA est versé par année. Au-delà de 15 millions, la société devra payer 500 000 FCFA par an. En plus de cela, les entreprises devront payer la patente qui est calculée sur la base du chiffre d’affaire et la TVA qui est de 18%. Ce qui ne facilite pas la tâche aux jeunes entrepreneurs qui se disent tout de même fiers de pouvoir affronter la pauvreté avec leurs frères c’est-à-dire leurs employés.

LA MICRO-FINANCE, L’AVENIR DES PAUVRES

Les micro-crédits, qui permettent aux pauvres d’accéder aux capitaux, sont devenus un facteur important de l’aide au développement fournie par les ONG et, plus récemment, par les bailleurs de fonds bilatéraux et multilatéraux. Ces derniers cherchent de plus en plus à associer le secteur privé à cette entreprise, en expansion.
Au Burkina Faso, comme partout ailleurs en Afrique de l’Ouest, on assiste actuellement à une explosion des initiatives d’économie sociale (associations, coopératives, mutuelles, organisations professionnelles, etc.). L’un des principaux motifs à l’origine de ce phénomène est l’appauvrissement accru des populations et la chute de l’offre des services sociaux de base (éducation, santé, logement, sécurité sociale, ...), conséquence de la réduction drastique des dépenses publiques. De plus, la restructuration du secteur public a entraîné des licenciements massifs et l’arrêt des recrutements à la fonction publique, renforçant ainsi le processus d’appauvrissement et d’exclusion économique et sociale. Devant cette situation, les populations n’ont d’autre alternative que de compter sur leur propre initiative et leurs propres ressources, de développer de nouvelles formes d’entraide, de solidarité et de protection sociale.
L’une des principales caractéristiques des nouvelles initiatives d’économie sociale est leur diversité. En effet, elles voient le jour aussi bien en milieu rural que dans les zones urbaines et périurbaines. Elles touchent en outre des secteurs aussi divers que l’agriculture (groupements villageois, coopératives paysannes, organisations professionnelles agricoles, etc.), l’artisanat (groupements d’artisans, associations artisanales féminines, etc.), la finance (associations communautaires d’épargne et de crédit, mutuelles d’épargne et de crédit, tontines, etc.), la protection sociale (mutuelles de santé, mutuelles de travailleurs, cases de santé primaire, etc.).
Une autre caractéristique de ce vaste mouvement de participation populaire, c’est qu’il s’appuie sur des réseaux d’assurance et de solidarité traditionnelle, relativement efficaces. Il constitue en somme des réponses apportées par les populations pour conduire les stratégies adaptées à leur environnement économique et social marqué par une multitude de contraintes, dont la plus importante est le manque de ressources financières.
Les projets de développement
De nombreux projets d’aide extérieure ont mis en place des systèmes de financement autonomes. C’est le cas notamment des projets de développement rural intégré, de gestion des terroirs villageois, de sécurité alimentaire et de nutrition. Ces projets, qui comportent chacun un volet micro-crédit, contribuent à la diffusion du crédit décentralisé et au financement des besoins des communautés de base. Ils interviennent à la fois de façon complémentaire en subventions ou en finançant des besoins non ou mal pris en compte par les systèmes financiers décentralisés (notamment le crédit d’équipement). Si ces projets contribuent dans une certaine mesure à créer des activités génératrices de revenus, force est de reconnaître que les résultats sont, pour la plupart, décevants (taux de pénétration des populations faibles, taux d’impayés très élevés, forte dépendance vis-à-vis de l’extérieur, etc.).
Nombre d’ONG interviennent également activement dans le financement des besoins individuels et collectifs des populations défavorisées mais aussi dans la prise en charge des besoins des structures associatives ou coopératives et des institutions locales. De façon plus précise, les secteurs qui reçoivent l’intervention du plus grand nombre d’ONG sont l’agriculture et l’élevage, la santé et l’action sociale, l’éducation et la formation, l’hydraulique, l’artisanat et l’environnement. A titre d’exemple, la période 1991-1995, le montant des prévisions de réalisations, des financements acquis et des réalisations effectives sont respectivement de 98.3 milliards, 79.5 milliards et 70.8 milliards de francs CFA. Les taux de drainage, d’absorption et de réalisation sont respectivement de 80.9%, 89% et 72%. La répartition des réalisations financières par secteur d’activité montre que les secteurs sociaux telles que l’éducation, la formation, la santé, l’action sociale, l’hydraulique villageoise et le petit crédit absorbent près de 60 milliards de francs CFA (soit 85% du total des réalisations).

La promotion de l’emploi : un impératif pour les chefs d’Etats et de gouvernements de l’Union Africaine

A l’initiative du Président du Faso, Son Excellence Monsieur Blaise COMPAORE, les Chefs d’Etat et de Gouvernement de l’Union Africaine, lors de la 37e session ordinaire de l’O.U.A. tenue à Lusaka ( Zambie ) en juillet 2001, ont décidé de convoquer un « Sommet Extraordinaire sur l’emploi et la lutte contre la pauvreté en Afrique ».
En effet, pour les Chefs d’Etat et de Gouvernement, le progrès social et économique des populations africaines dans un environnement de paix et de stabilité continue d’être leur ambition suprême. Cependant, que constater de nos jours ? La délinquance, le banditisme, la consommation de la drogue et autres dérivés, la pandémie du VIH / SIDA, le désœuvrement sont de graves maux auxquels les populations africaines sont constamment confrontées.

C’est pour trouver une solution à tous ces problèmes majeurs qui en fait trouvent leur source dans l’indigence quotidienne des masses, que se tiendra à Ouagadougou les 8 et 9 septembre 2004 le « Sommet Extraordinaire des Chefs d’Etat et de Gouvernement de l’Union Africaine sur l’Emploi et la lutte contre la pauvreté en Afrique ».

La convocation de ce Sommet Extraordinaire est une façon pour les Chefs d’Etat et de Gouvernement de reconnaître qu’en l’absence de création d’emplois, les efforts visant à combattre la pauvreté en Afrique resteront sans effet. Elle est aussi pour eux, une autre façon de s’engager à favoriser la réalisation de l’objectif de plein emploi en en faisant l’une des priorités de base de leurs politiques économiques et sociales ; car comme le signifie ces propos de Monsieur Alain Ludovic Tou, Ministre du Travail, de l’Emploi et de la Jeunesse du Burkina Faso, Président du Comité National d’Organisation du Sommet Extraordinaire, « Plus qu’un garde-fou, le travail est en Afrique un pilier de la cohésion sociale : il permet de ne pas se sentir exclu des enjeux sociaux, de prendre part au débat, de s’affirmer en tant que citoyen, de refuser la violence comme mode d’expression et de contestation. »

Outre les 53 Chefs d’Etat et de Gouvernement attendus, le Sommet Extraordinaire de Ouagadougou enregistrera également la participation de représentants des communautés économiques régionales et même d’Organisations Internationales.

La rencontre de Ouagadougou a pour ambition de traiter des thèmes spécifiques tels : le diagnostic du marché de l’emploi en Afrique, la recherche de remèdes au chômage, la recherche de solutions et de réponses spécifiques des pays africains eux-mêmes aux problèmes de sous emplois et enfin l’identification des sources de financements et des partenariats. Pour réussir l’organisation de ce Sommet Extraordinaire, et surtout atteindre les objectifs escomptés l’Union Africaine a sollicité l’expertise du Bureau International du Travail ( B.I.T. ).
Le Sommet Extraordinaire des 8 et 9 septembre 2004 sera précédé par :
- * un forum des partenaires sociaux ( 3 et 4 septembre ), comprenant les employeurs et les travailleurs. Leurs réflexions, préoccupations et conclusions seront communiquées aux Chefs d’Etat et de Gouvernement pour les inspirer utilement dans leurs décisions ;

- * une session ministérielle ( 5 et 6 septembre ) qui regroupera les Ministres des Affaires Etrangères, les Ministres chargés du Travail et de l’emploi et les Ministres des Finances et de l’Economie.

  • une session ministérielle ( 5 et 6 septembre ) qui regroupera les Ministres des Affaires Etrangères, les Ministres chargés du Travail et de l’emploi et les Ministres des Finances et de l’Economie.

L’emploi contre la pauvreté : La vision d’une ère nouvelle

Dans la majorité des pays africains, la pauvreté semble être la chose la mieux partagée. Malnutrition, analphabétisme, guerres, maladies, famines…tous ces fléaux forment les maillons d’une chaîne : la pauvreté, lot quotidien des populations.

Les espoirs nourris par les pays africains depuis les indépendances à travers les progrès enregistrés en matière de développement économique se sont estompés à cause des effets pervers des plans d’ajustement structurels prescrits par les institutions financières internationales. En 2002, la croissance économique moyenne qui était de 3,2% en 2002 (selon la Commission Economique des Nations Unies pour l’Afrique) est passée à 4,2% en 2003. Des taux légèrement supérieurs aux taux de la croissance démographique.

un cercle vicieux

Aujourd’hui, des 50 pays les plus pauvres du monde identifiés par le PNUD (selon l’Indicateur du Développement Humain), 33 sont situés en Afrique Subsaharienne. Des trois milliards de personnes vivant avec moins de 2 dollars par jour, près de cinq cent millions sont en Afrique.

Dans ces conditions, l’horizon 2015 ne semble-t-il pas assez bref pour la réalisation de l’objectif de la déclaration du Millénaire des Nations Unies qui est de réduire de moitié la pauvreté en Afrique.
Le diagnostic des spécialistes a permit de déterminer les indicateurs de la pauvreté dans les pays. Les symptômes, connus de plusieurs pays africains sont entre autres :
• La prédominance su secteur agricole. La majeur partie de la population (70%) travaille dans le secteur agricole et cohabite avec un secteur urbain informel en rapide expansion. Ces deux secteurs d’activités sont caractérisés par une faible productivité et par le sous-emploi. Les travailleurs agricoles et informels exercent des activités économiques précaires, souvent dangereuses pour leur santé.
• Dans les pays enclavés (Afrique occidentale et centrale), seulement 6% de la population active occupent un emploi salarié. En Afrique australe, ce taux est de 25%. Ce qui signifie que entre 75 et 94% de la population active est au chômage ou travail pour un salaire de misère.
• Plus de la moitié de la population active occupe les emplois les moins bien rémunérés, les moins qualifiés et les plus précaires.
• La population active, les familles sont décimées par les maladies telles que le SIDA..
• Moins de 10% des populations (en Afrique sub-saharienne) bénéficient d’une sécurité sociale ; et mêmes les conditions pour ceux qui en bénéficient sont très rudimentaires.

Le défi de Ouagadougou

Les réalités ci-dessus citées, terreau de la pauvreté, sont les forteresses auxquelles sont confrontés les dirigeants africains et leurs peuples.
Pour une Forteresse, c’en est une ; étant donné que les multiples efforts consentis jusque là semblent être dérisoires face à la montée quotidienne de la pauvreté. Tels les empreintes des pieds sur le sable du désert qui disparaissent après le passage du vent, on cherche souvent vainement les fruits des combats contre la pauvreté dans le quotidien de millions d’Africains qui vivent avec moins de (1) dollars US (soit moins de 600 FCFA) par jour. Ainsi permanament, tout semble être une priorité dans cette partie du globe. Devrait-on donc perdre tout espoir ? Nullement ; car comme l’a écrit le Président du Faso dans son ouvrage intitulé "LES VOIES DE L’ESPERANCE" « L’Afrique avait su, en d’autres temps, au prix d’une volonté ardente et confiante en l’union de ses fils, faire surgir l’espoir face aux périls extrêmes. Notre conviction est qu’elle doit de nouveau créer l’opportunité, dictée par la nécessité de sa survie, de réussir une oeuvre majeure de solidarité par l’intégration ».

Le phénomène de la pauvreté n’est donc pas une fatalité. Aucune nation du monde n’a certainement émergée de façon surnaturelle ; toutes ont dû se construire progressivement. C’est cette réalité que traduit les propos de Monsieur Juan Somavia, Directeur Général du Bureau International du Travail (BIT) « le travail est le meilleur moyens de s’affranchir de la pauvreté. L’élimination de la pauvreté est un processus long et complexe qui réclame la participation concertée de toutes les composantes de la société. Nous devons faire appel au pouvoir unique des gouvernements, des employeurs et des travailleurs pour agir de manière concertée et apporter le progrès et l’espoir à nos sociétés ».
Pour le cas africain le chemin de sortie semble être labyrinthique, mais pas impraticable. Les multiples efforts menés par les dirigeants et les peuples, soutenus par les partenaires au développement devront bien aboutir un jour à un mieux être de tous les Africains. Et c’est certainement dans cet objectif que sur proposition du Président du Faso Monsieur Blaise Comparé, les autres chefs d’Etat et de gouvernement ont décidé de se rencontrer pour parler de l’emploi et de la lutte contre la pauvreté. Qui sait si ce n’est l’ultime et la bonne voie pour sortir le continent de sa misère.

En effet, plusieurs des maux particulièrement la toxicomanie, la délinquance, et même les guerres… que connaît la jeunesse africaine (plus frappée par le chômage) sont Liés au manque d’emploi ou au sous-emploi. Régler le problème de l’emploi, permettre à chacun ou à la grande majorité de la population active de s’assurer un minimum vital, changerait considérablement la face du continent.

La vision du Président Compaoré peut être qualifiée de salutaire car selon les conclusions des experts, inscrire l’emploi au coeur des stratégies de lutte contre la pauvreté est l’une des clés de la lutte contre la pauvreté. Aussi Voltaire a su si bien le traduire quand il a écrit dans Candide que « le travail éloigne de nous trois grands maux : l’ennui, le vice et le besoin ». Et c’est exactement de ces maux que la jeunesse africaine a besoin d’être débarrassée aujourd’hui. Vivement que Ouagadougou soit le début d’une ère nouvelle pour le continent : celle de la prospérité.

 


Forum des Peuples 2007 - Sikasso, Mali.
Coalitions des Alternatives Dette et Développement (CAD-Mali)

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