Tous ensemble pour construire un monde juste et solidaire ! Contre-sommet Africain au G8 - 7ieme édition
 
Koulikoro 2008
Revue de la Presse

Le Développement Agricole en Afrique Perspectives et Suggestion

THEME : LE DEVELOPPEMENT AGRICOLE EN AFRIQUE PERSPECTIVES ET SUGGESTION


Par Bourama BAGAYOKO


Présentation

I-le Concept de développement Agricole

II-Les Politiques de développement Agricole en Afrique

III-Les Impacts des Politiques de développement Agricole en Afrique

IV-Les perspectives et Suggestions des Politiques de développement Agricoles en Afrique


I- Le Concept de développement Agricole

Le développement Agricole ne s’aurait se soustraire du concept de croissance économique, qui est un phénomène largement irréversible qui se traduit par des modifications cumulatives, des conditions de production où l’investissement net est en hausse.

IL y a modification de la qualification de la main d’œuvre, incorporation du progrès technique par les machines humaines création de nouvelles habitudes de consommation.
Bref, le développement Agricole explicite un concept dans lequel se situe :

- La modernisation du facteur travail et des systèmes de production ;

- L’existence et la disponibilité constante du capital au besoin ;
Ces actions se résument respectivement par :

* Le passage d’une Agriculture extensive à une Agriculture intensive
* Le passage d’une Agriculture aléatoire à une Agriculture avec maîtrise totale des conditions de production ;
* Le passage d’un élevage extensif à un élevage ; intensif ; etc. ….
* L’augmentation de la production et de la productivité ;
* Un changement social au niveau de la paysannerie, d’où une amélioration des conditions socio-économiques de la paysannerie.

II Les Politiques de développement Agricole en Afrique

A - Pendant la Période Coloniale

Les politiques de développement Agricole en Afrique ont vu le jour pendant la période coloniale, par la création au niveau des colonies des sociétés de sécurité alimentaires dénommées (SIP) ou sociétés indigènes de prévoyance sociale.

Ces sociétés ont été introduites en Afrique par le décret du 29 juin 1910.
Elles étaient chargées de multiples missions dont entre autre :

- La constitution des stocks de sécurité et des réserves de semences, destinés a l’approvisionnement de la population en période de rupture ;

- L’achat des matériels et équipement agricoles ;

- La vulgarisation des techniques nouvelles de production agricole ;

- La création d’infrastructures et aménagement agricole ;(magasins routes)

Ainsi pendant la période coloniale (1910-1960) des sociétés mutuelles furent partout crées en Afrique occidentale française (AOF) notamment :

• Au Soudan (Sikasso et l’office du Niger)
• Au Dahomey l’actuel Bénin ainsi qu’au Sénégal etc.

Mais l’ensemble de ces unités fut dans leur évolution déviée de missions de manière consciente par le colonisateur.
Ces structures devaient alors servir non seulement de lieu de commercialisation des productions Agricoles (cultures de rentes et autres spéculations), mais aussi de lieux d’échange et de vente des produits manufacturés au profit des firmes coloniales.

NB : Les fonds de ces sociétés étaient alimentés par les cotisations directement prélevées sur les impôts annuellement.

B - la Période Après Coloniale (Indépendance)

Cette période fut marquée par un début de décollage des économies Agricoles dans certains pays certes, mais aussi par une stagnation chez d’autres.
Elle fut une phase d’euphorie au lendemain de l’indépendance où l’optimisme du développement se rependait dans l’esprit des populations ainsi que la naissance des objectifs dynamiques, avec des sentiments de dignité nationale.

L’Epargne s’est développée avec des moyens financiers propres qui ont permis de centraliser des investissements économiques et promus leur essor (cas BDM).
Des techniques insufflées à l’agriculture et à l’industrie ont permis la productivité croissante (cas SOCOMA - Baguineda - Mali) etc.…
Cependant à cette même époque les anciens pays colonisateurs ont en général gardé des liens étroits avec des anciennes colonies à cause d’importantes ressources Agricoles et minières dont ils disposent, tout en créant des opérations projets et programmes de développement dans ces pays.

Ainsi à partir de la révolution industrielle, la transformation de la matière végétale s’est donc développer dans les pays colonisateurs (pour son marché intérieur), tan disque la production des pays colonisés a été orientée essentiellement vers le secteur primaire (production de matière première).
Il révèle cependant des constats que l’exportation des matières premières constitue non seulement une source de revenus pour ces pays Africains, mais aussi contribue paradoxalement à leur appauvrissement.

Ce système a drainé les paysans Africains, de passer du cap d’une Agriculture traditionnelle centrée sur l’auto suffisance alimentaire au cap d’une Agriculture industrielle basée sur les cultures de rentes(cotons ,arachides,café,cacao)etc.

De ce système, l’on devait s’attendre au danger de l’insécurité alimentaire que courent les pays colonisés d’une part, à l’insécurité de revenu par suite des fluctuations des prix de vente des produits sur le marché mondial.
Ces politiques de développement imposées aux Africains, s’exerçaient en fonction de leur propre besoin réel, et non en fonction des besoins des pays colonisés ; ou des firmes étrangères.
Ils ne prenaient en compte aucunes dimension sociale des populations Africaines, d’où un constat d’échec et dérive des multiples projets et programmes de développement au décompte.

III- Impact des politiques de développement Agricole

Deux importants impacts peuvent être retenus dans le domaine de la politique de développement Agricoles initiées par le colonisateur en Afrique.

1) la spécialisation dans le secteur primaire

Dans cette industrialisation l’industrie des pays colonisés est essentiellement basée sur le secteur primaire (Agriculture de rente production des végétaux, commercialisation des matières premières) pour l’industrie : Arachide, coton, café, pour l’agro alimentaire.
On y constate aussi la paupérisation de l’agriculture entraînant l’exode rural pour l’absence de revenu. (Les paysans qui arrivent en ville n’y trouvent pas de reconversion mais plutôt une concentration de misère)

2) L’endettement

C’est un système qui se présente deux niveaux différents :

- Niveau Etat
Les gouvernements des pays Africains s’endettent auprès des institutions financières ou des grandes firmes pour financer leur politique Agricole, dont l’utilisation de ces fonds dans une certaine mesure est sans objet.
Ces organismes de financement ou de prêt exigent souvent à nos Etats des reformes sans tenir compte des répercutions sociales.

- Niveau population
Dans la plupart des cas les paysans sont sous le poids de la dette eu égard à l’existence de L’OMC, qui ne tienne pas compte des subventions accordées aux paysans du Nord.

IV- PERSPECTIVES/SUGGESSIONS

A) Perspectives

Dans le cadre du développement de la production Agricole en Afrique, diverses potentialités s’ouvrent au continent, dont entre autre l’intégration par les Etats Africains dans leur politique Agricole :

- L’Agriculture Biologique

La pratique de l’agriculture Biologique tant sur le plan national qu’international, qui s’appui sur les biens de productions disponibles sur place (engrais organiques), il fait
Recourt à des procédés naturels, améliore minimise le rapport efficience coût de production de l’entreprise ainsi que le rapport éco système Agricole au stress climatique
(Production aléatoire due aux climats et aux zones).
L’Agriculture biologique peut s’expliquer dans le temps et dans l’espace, par la pratique du système d’assolement et de rotation ; en terme d’avantage il permet aux paysans d’utiliser la main d’œuvre et les services environnementaux (utilisation des animaux dans les jachères) pour intensifier la production de manière durable.
Cette Agriculture permet aussi à la paysannerie de rompre avec le cercle vicieux de l’endettement dans le cadre de l’acquisition des intrants et matériels Agricoles.
Cependant elle peut être une solution aux problèmes de sécurité alimentaire.

-  L’agriculture De Conservation

C’est une technique utilisée dans le cadre de l’agriculture intensive, et qui utilise divers outils sur le site ou sur la parcelle agricole (analyse du sol prélèvement) etc.
Cette politique de production agricole n’est présentement pas indiquée pour les paysans africains

b) Suggestions

La croissance économique de l’Afrique qui demeure de nos jours un phénomène irréversible,nécessite de la part de nos gouvernants, la prise en compte et l’intégration d’un plan de développement Agricole endogène dont le financement sera assuré par un fonds de solidarité Africaine à caractère mutualiste ( FAMS).
Le fonds ainsi constitué serait alimenté par les cotisations des pays, en fonction du nombre d’habitants /pays.
Le fonds adoptera une cotisation d’un montant de 500F CFA//personne imposables /an.
Sa gestion sera uniquement destinée au développement du secteur Agricole dans sa pluralité, et sera assurée par un organisme décisionnaire crée dans chaque pays comprenant des représentants de la société civile, et des gouvernants des pays concernés.
Par ailleurs le pouvoir de gestion du centre décisionnaire pourrait être revue par une instance supérieur eau niveau du continent prévue en la circonstance.
Ainsi le fonds de solidarité africaine permettrait d’assurer la souveraineté et la sécurité alimentaire, pour un développement harmonieux et un changement socio économique.

Autrement, le développement Agricole de l’Afrique trouverait son salut, dans l’indépendance monétaire africaine, par la création d’une monnaie propre, qui réduirait à néant les 65% de garantie et convertibilité de nos francs annuellement versées dans un compte spécial, au trésor français du ministère des finances.


TABLEAU DE CONSTITUTION DE FONDS DE SOLIDARITE AFRICAINE A CARACTERE MUTUALISTE (FAMS)

 


Forum des Peuples 2008 - Koulikoro, Mali.
Coalitions des Alternatives Dette et Développement (CAD-Mali)

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