Tous ensemble pour construire un monde juste et solidaire ! Contre-sommet Africain au G8 - 7ieme édition
 
Koulikoro 2008
Revue de la Presse

Communication de l’Association Interafricaine pour la Promotion et la Défense des Droits des Réfugiés et Demandeurs d’Asile

Thème : L’ASILE, LE REFUGIE ET LE DEPLACEMENT :
LES POLITIQUES D’EXTERNALISATION ET DU DROIT D’ASILE


Yoro Bi Ta Raymond

Président de l’AIPDRDA

Tel : 00 223 469 31 70 / 582 96 45 / 00 229 93 79 50 15 / 93 02 92 09


Introduction :

De nombreuses personnes immigrent vers les pays étrangers pour échapper aux persécutions, à un dictateur ; pour avoir une vie meilleure : manger à sa faim, avoir un logement et un travail ou pour acquérir dans certains cas la nationalité du pays d’accueil.
Ce phénomène existe depuis très longtemps. A la fin de la Seconde Guerre mondiale, les flux migratoires se sont intensifiés. Avec la mondialisation et leurs conséquences aujourd’hui, les politiques veulent contrôler et réguler l’immigration. De critères et de démarches sont désormais nécessaires pour rentrer ou obtenir la nationalité dans un pays riche en général et en particulier en France.

Définition

L’asile est l’accord, la possibilité pour un Etat, de protéger un ressortissant étranger qui craint avec raison d’être persécuté dans son pays d’origine.

Le réfugié : est une personne qui se trouve hors de son pays d’origine et qui risque réellement d’être victime de graves atteintes à ses droits fondamentaux à cause de ce qu’elle est ou de ce qu’elle croit. Cette personne ne peut pas ou ne veut pas retourner dans son pays parce que son gouvernement ne peut pas ou ne veut pas assurer sa protection.

À ce jour, plus de 140 gouvernements ont signé la Convention des Nations unies relative au statut des réfugiés (1951). Cette Convention comprend une définition du terme « réfugié » qui a été acceptée à l’échelle internationale.

En raison des persécutions qu’il risque de subir, un réfugié a le droit d’être protégé contre un retour forcé dans son pays d’origine. Les gouvernements signataires de cette convention et le Haut Commissariat des Nation Unies pour les Réfugiés (UNHCR) ont le devoir de s’opposer à tout retour forcé de toute personne, même si elle n’est pas réfugiée, dans un pays où il y a un risque non négligeable qu’elle soit victime de torture, d’exécution ou de « disparition ».
De la même manière, ils s’opposent également au retour d’une personne dans un pays où elle risquerait la peine de mort.

L’externalisation désigne la décision prise par une entreprise de recourir à un prestataire extérieur, souvent dans une perspective de long terme, pour faire tout ou une partie d’une ou plusieurs fonctions (fonctions intégrées ou intégrables au moment du choix).
Dans sa politique actuelle sur la migration l’Europe donne un autre sens à l’externalisation.

Définition immigration : L’immigration désigne l’entrée, dans un pays, d’étrangers qui viennent y séjourner et y travailler. L’immigration vient du latin immigrare qui signifie « pénétrer dans ». L’immigration est une migration vue du côté du pays de destination et du côté du pays de départ, c’est une émigration.

Historique :

L’immigration est un concept très ancien. L’histoire nous a appris que l’immigration concernait surtout des personnes de classes supérieures jusqu’à la Révolution industrielle au milieu du XVIIIe siècle.
Jusqu’en 1914, les immigrés sont originaires des pays de l’Europe ; principalement de Belgique et d’Italie, qui constituaient les deux tiers des immigrants, mais aussi d’Allemagne, de Suisse et d’Espagne, qui constituaient eux aussi de 7% à 9% des immigrants en France.

L’entre les deux Guerres, les Italiens constituaient le groupe le plus important, alors que l’immigration des Belges, des Suisses et des Allemands s’atténuent et que celle des Espagnols (réfugiés) et des Polonais s’intensifie.
La Seconde Guerre mondiale a provoqué de nombreux départs, environ 300 000 étrangers ont quitté la France entre septembre 1939 et juin 1940.

Le thème qui nous avons bien voulu développer est « L’asile, le réfugié et le déplacement : la politique d’externalisation et du droit d’asile » ! Le sujet est vaste, nous allons essayer de faire l’état des lieux de la situation des différents concepts de la migration (choisi, voulu, clandestine, etc …) en rapport avec notre thème. Mais nous allons seulement donner des grandes indications et si possible développement au cours de questions des uns et autres.

Le rapport du Département des affaires économiques et sociales des Nations unies "sur la situation sociale dans le monde en 2005 indiquait que les inégalités dans le monde ne sont plus prononcées qu’il y a 10 ans et ces inégalités vont de pair avec la mondialisation. L’écart ne cesse de se creuser entre pays riches et pays pauvres ainsi que les disparités croissantes en matière de santé, d’éducation et de possibilités de participation dans les domaines social, économique et politique. Cette situation défavorise les ressortissants des pays du sud (les pays rendus pauvres par la colonisation). Les Objectifs du Millénaire pour le Développement ne garantissent pas l’avenir des populations.

L’éducation est devenue en Afrique un luxe. Les universitaires en Afrique sont devenus des camps d’entraînement de futurs gansters. La formation au rabais dans l’indifférence des parents d’élèves, souvent même complices des gouvernants.

Comme solution à la situation citée plus haut, les jeunes quittent leurs pays d’origine pour l’étranger. Ils vont généralement dans les pays africains et aussi dans les pays riches. Ce départ n’est lié à l’abandon de son pays, de ces amis. Ces départs se font aussi en période de crises internes (guerre, la chasse aux responsables d’associations de lutte).

Les personnes qui circulent vont à la recherche d’un mieux être et pour revenir possible. L’impact des politiques européennes sur « L’asile, le réfugié et le déplacement : la politique d’externalisation et du droit d’asile ».
Depuis 2005, des milliers jeunes africains sont tués par les policiers européens sur différentes mers frontalières entre l’Afrique et l’Europe. Dans certains pays africains, des populations africaines s’en prennent aussi à leurs frères africains migrants. On peut citer le cas de la Côte d’Ivoire en 2002, les situations des migrants africains en Angola, en Mozambique et il y a quelques jours, en Afrique Sud, des ressortissants zimbabwéens ont été atrocement brutalisés. En Europe, des ressortissants des pays africains sont spoliés de tous leurs biens avant d’être jetés dans un pays africains au choix des gouvernants européens.

Toutes ces personnes sont généralement des demandeurs d’asile. En1990 pour mémoire, la jeunesse africaine avait pris ses responsabilités et elle a remué les grands baobabs d’Afrique au Mali, au Bénin, au Cameroun, en Côte d’Ivoire. Elle a été réprimée et contrainte à quitter le pays d’origine.

Pourquoi quitte-t-on son pays ?

Les principales causes de l’immigration sont de façon générale économique, sociale et politiques. L’immigration économique est due aux besoins d’un pays en main d’œuvre. Le migrant va pour travailler pour satisfaire le besoin de la communauté.

De nos jours, l’immigration sociale est due au regroupement familial (qui permet à un immigré de faire venir sa famille ou un membre de la famille. Avec la mondialisation, l’immigration est vue comme une mauvaise chose et assimilée à un crime. Les migrants sont considérés par les autochtones comme responsables de leur malheur.

Conséquences :

Selon une revue de presse faite par Fortress Europe en juillet 2007 à ce jour, ce sont 7.180 immigrés qui sont morts aux frontières de l’Europe depuis 1988, dont 2.141 sont disparus en mer. En mer Méditerranée ont perdu la vie 5.091 migrants.

Toujours selon ces informations :
Dans le Canal de Sicile 1.884 personnes sont mortes, entre la Libye, la Tunisie, Malte et l’Italie, dont 1.099 disparus, et 33 autres ont perdu la vie le long des nouvelles routes entre l’Algerie et l’île de Sardaigne ; 2.098 personnes sont mortes au large des îles Canaries et du détroit de Gibraltar entre le Maroc et l’Espagne, dont 647 disparus ; 459 personnes sont mortes en mer Egée, entre la Turquie et la Grèce, dont 216 disparus ; 474 personnes sont mortes en mer Adriatique, entre l’Albanie, le Monténégro et l’Italie, dont 136 disparus.

En naviguant cachés à bord de navires de cargaison régulièrement enregistrés, au moins 143 hommes sont morts asphyxiés ou noyés. Quant au désert du Sahara, 1.047 africains sont morts depuis 1996 en traversant le Soudan, le Tchad, le Niger et le Mali d’un côté et la Libye et l’Algérie de l’autre. Parmi ces victimes, les jeunes africains représentent les de 90%. Des mesures politiques et sécuritaires ont été prises en renforçant la collaboration entre les pays du nord et ceux du sud dans les processus de surveillance des frontières. Des solutions économiques ont été proposées, malheureusement, elles ne répondent pas véritablement aux aspirations des candidats à l’immigration.

Ceux qui font fuir les jeunes africains, sont encore les mêmes qui s’activent à la recherche de solutions. Ici au terme des travaux de la 7ème édition du Forum des Peuples, nous sommes tous appelés à réfléchir sur les causes profondes de ces grandes problématiques et à proposer des solutions pertinentes qui contribueront à résoudre de manière efficace la question de l’immigration (qu’on dise clandestine, souhaitée, demandée …..) et le respect des traités et textes internationaux.

La convention de Genève sur les droits d’asile n’est pas respectée. Je peux bien citer le cas de la gestion humanitaire en république du Bénin. Ces genres de cas passent dans l’indifférence du monde entier parce que la machine système des Nations des Unies à rendre le vrai en faux est très développement. La véritable magouille réside au sein même du système des Nations Unies.

La gestion humanitaire des réfugiés togolais au Bénin saute aux yeux. En 2006, précisément dans la nuit du 15 au 16 Février 2006, la délégation régionale du HCR a ordonné l’assassinat des réfugiés togolais dans le camp de Agamè situé à 140 Km de la capitale béninoise. Alfred Sohou, directeur de la Prévention et de la Protection Civile qui a dirigé cette opération de barbarie, a été nommé secrétaire permanent de la Commission Nationale chargée des Réfugiés au Bénin en guise de remerciement.

Les réfugiés se sont mobilisés pour dénoncer ces pratiques qui violent les principales missions du Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (UNHCR).

L’Union Européenne a donné au HCR du Bénin 600 millions pour faire rentrer de force les réfugiés togolais résidant sur le territoire du Bénin. Cette somme a été simplement détournée par les agents du HCR et ses partenaires. Pour rappel, en 1993, l’Union Européenne avait quitté le Togo pour absence de démocratie. Après treize ans, elle revient au moment les droits élémentaires de la démocratie ont été violés. L’arrivée du fils au pouvoir suprême et les tripatouillages des dernières élections législatives.

Tout est fait et bien fait pour anéantir la jeunesse africaine dans son combat. Elle fuit les atrocités des pouvoirs policiers et dictatoriaux en Africains. Les dirigeants européens par leurs nouvelles politiques migratoires, ils expulsent ces jeunes vers leurs pays d’origine.

Le Traité de Prüm , signé le 27 mai 2005 entre sept États membres de l’Union européenne (la Belgique, l’Allemagne, l’Espagne, la France, le Luxembourg, les Pays-Bas et l’Autriche), renforce la coopération transfrontalière, en vue de lutter contre le terrorisme, la criminalité et l’immigration illégale. Les migrants sont considérés en comme des terroristes.

Depuis quelques mois les pays de l’Union Européenne animalisent l’être humain au sens propre. Pour être admis sur un territoire européen, les dents, les cheveux, les Ce traité à Sept est désormais est ouvert à l’adhésion de tout autre État membre de l’Union européenne.

La forte mobilisation des « Sans papiers » de ces derniers mois, nos amis français que la France est en expérience de sa première patrouille policière commune à Versailles le 1er juillet 2008 avec le détachement sur place d’un policier allemand et d’un policier hollandais à des fins d’assistance aux touristes étrangers.

Le Système d’Information des Visa (SIV) qui en résulte, approuvé par les ministres européens de l’Intérieur concernés le 12 juin 2007, doit être opérationnel en 2009, et sera la plus grande base de données biométriques du monde, avec environs plus de 70 millions d’empreintes digitales.
Je pense que dans les échanges, nous pourrons approfondir les non dits.

Je vous remercie

 


Forum des Peuples 2008 - Koulikoro, Mali.
Coalitions des Alternatives Dette et Développement (CAD-Mali)

Contact : contact ATr forumdespeuples.org