Tous ensemble pour construire un monde juste et solidaire ! Contre-sommet Africain au G8 - 8ieme édition
 

Discours de la Coordinatrice Générale du Forum

JPEG - 39.2 ko
Mme Barry Aminata

Le monde entier traverse une crise globale sans précédent : une crise financière et économique : débâcle boursière comparable à celle de 1929 , effondrement du système bancaire, dérégulations économiques, spéculations financières, militarisation poussé de l’économie mondiale avec le renforcement des complexes militaro-industriels, guerres énergétiques entre les puissances du monde néo-libéral pour le contrôle des routes du pétrole, du Gaz, dépossession des pouvoirs politiques de leur prérogatives de contrôle, une crise sociale, une crise alimentaire et une crise écologique.

Le monde est en crise ; une crise structurelle du capitalisme qui ne peut pas être traitée par le saupoudrage et les réformettes. C’est malheureusement des recettes incantatoires qui seront prescrites encore en Italie, où le G8 (ce directoire mondiale illégitime et antidémocratique) se retrouve pour évoquer les problèmes du monde.

Comme à Gênes en 2001, au Canada en 2002, à Genève 2003, en Écosse en 2005 ou encore en Angleterre en 2007, les pays du G8 font semblant de poser un diagnostic lucide de la situation économique et politique mondiale et ils préconisent toujours des mesures en fonction de leurs intérêts comme le G20 d’ailleurs tout aussi illégitime malgré la présence de quelques pays du Sud émergent qui ne cherchent aussi qu’à défendre leurs propres intérêts.

Aujourd’hui comme hier, fidèle à notre sens de l’histoire, nous nous retrouvons à Bandiagara pour dire non à la marchandisation du monde, à l’économie de casino et au diktat des marchés.

Aujourd’hui comme hier, par centaine, par millier, les peuples du monde entier nous regardent et sont de cœur avec nous pour dénoncer l’intrusion du capital financier International dans tous les aspects de notre développement. Elle se traduit par les Programmes d’ ajustement Structurels déguisés en Cadre Stratégique pour la Croissance et la réduction de la Pauvreté imposé par le FMI et la Banque Mondiale, et qui demeure le seul cadre de référence, excluant de fait toute possibilité de réflexion autonome, permettant de construire une alternative originale, fiable et conforme aux intérêts des peuples.

C’est en Italie que les Chefs d’ État du G8 se rencontrent. Ils ont décrété la participation de 5 autres pays à savoir : Le Mexique, le Brésil, la Chine, l’ Inde et l’ Afrique du Sud. C’est un choix arbitraire, signe d’un échec annoncé, puisque cet élargissement ne se fait pas dans un cadre démocratique et sur la base d’une approche inclusive qui donne aux institutions des Nations Unies, le pouvoir d’organiser l’économie mondiale, de prendre des mesures de stabilité, d’orienter les choix vers des secteurs sociaux prioritaires, de légiférer en matière de lutte contre le réchauffement climatique.


Qu’ont-ils fait des résolutions de Rio de 1992 sur cette question vitale ? Du protocole de Kyoto ? Du sommet de Nairobi ?

Des appels lancés par les mouvements de défense de notre environnement pour freiner le modèle de consommation et la surproduction industrielle qui ont un impact négatif sur l’environnement mondial ?
Qu’a-t-on fait du sommet de Copenhague sur la pauvreté ?
Que font-ils dans le cadre de l’assemblée générale des Nations Unies pour discuter de manière démocratique des problèmes à part bloquer les décisions qui pourraient être prises pour discuter des enjeux actuels ?

L’Italie où se déroule ce sommet du G8 vient de prendre des mesures particulièrement inquiétantes pour les immigrés jugés illégaux. Elles ne sont en fait que le prolongement de celles prises par l’ Union Européenne qui sont des mesures qui n’honorent pas l’ Europe, considérée comme une référence historique en matière des Droits de l’ Homme.

En adoptant le 18 juin 2008 le projet de loi sur la « directive retour » , le Parlement Européen a franchi un pas supplémentaire dans la coordination et la mise en œuvre de la politique de répression et de criminalisation de l’immigration dans l’espace européen
Cette politique s’exerce en violation de tous les engagements internationaux auxquels ont souscrit ces États européens en matière de droit d’asile, de la libre circulation des personnes et des biens, de la protection de l’intégrité physique et morale des individus quelques soient leurs nationalités ou leurs origines. Elle traduit également la renonciation par les États Européens, du principe de « l’ Universalité des droits » qui constituait le fondement politique et idéologique de leur politique de coopération avec les autres États du monde.

Les États de l’ Union Européenne ont rendu automatique la détention des travailleurs sans-papiers et sa durée passe désormais de 6 à 18 mois. Des mesures administratives et juridiques particulièrement inhumaines et arbitraires contredisent toutes les garanties apportées par le Droit International en matière d’exercice ou de privation de la liberté. L’aide juridique obligatoire et gratuite aux réfugiés et sans-papiers est remise en cause.

Les travailleurs ou demandeurs d’asile expulsés peuvent être interdits de réadmissions dans l’espace européen pendant 5 ans, et aucun recours ne serait possible en pratique contre les violations de nombreux droits (droit à la santé, droit au travail) !

Une double exclusion frappe les ressortissants étrangers en situation « irrégulière » lesquels peuvent être expulsés vers un pays autre que leur pays d’origine tout comme les personnes vulnérables que sont les femmes enceintes, les personnes âgées, les mineurs non accompagnés. Comment peut-on parler de démocratie et des Droits de l’ Homme ?

Exemple des maliens résidant en France bloqué au Mali et à qui ont interdit de rentrer en France.

Au cours de notre Forum, nous aborderons toutes les questions relatives à l’économie capitaliste, la nouvelle crise de la dette en gestation, la crise financière internationale, l’immigration, l’environnement, les questions liées au développement et à la sécurité, la souveraineté alimentaire, le développement local, l’accès aux services sociaux de base…

Il est nécessaire que nous discutions pour analyser la situation globale de crises mais aussi pour proposer et faire entendre des alternatives radicales au système actuel qui garantissent l’accomplissement des droits humains pour tous et toutes ! Tous ensemble pour une Afrique véritablement libre !

Tout au long du forum, des discussions auront lieu dans les ateliers, suivies de projections de films, des espaces spécialisés destinés aux femmes et aux jeunes seront animés.

C’est l’occasion de remercier les plus hautes autorités de notre pays, les autorités régionales et locales, nos amis qui sont venus de très loin (Afrique Centrale, de l’ Ouest), de l’ Europe, et du reste du monde, la presse nationale et internationale qui a toujours donné écho à nos luttes.

Des désagréments, et quelques défaillances ont été constatées, nous nous corrigerons tout au long du Forum. Nous demandons votre indulgence !

Je vous remercie

Mme Barry Aminata Touré
Coordinatrice Générale du Forum

 


Forum des Peuples 2009 - Badiangara, Mali.
Coalitions des Alternatives Dette et Développement (CAD-Mali)

Contact : contact ATr forumdespeuples.org